Ce fut plus d’une dizaine de sacs que Quentin hélitreuilla, le cœur au bord des lèvres en imaginant le contenu de ceux-ci.
Quand l’appareil quitta son vol stationnaire, Valentin récupéra le bout de ruban de balisage, se positionna comme il l’avait vu faire par Quentin cependant que Florian et les deux militaires entamaient leur périlleuse descente depuis le bas du pierrier tragique.
Quand l’appareil fut posé et que Quentin eut sauté à terre, Valentin le pressa de questions :
— Combien de sacs as-tu récupéré ?
— Douze exactement et leurs contenus ne doivent pas être beaux à voir !
— J’imagine. À ton avis, quelle va être la procédure maintenant ?
— Les objets trouvés, s’il y en a en plus du sac à dos, vont être examinés et expertisés par la gendarmerie, quant au reste, il va être confié à l’institut médico-légal du centre hospitalier.
— Que va-t-il se passer ensuite ?
— Le capitaine fera son rapport d’intervention, les experts de la gendarmerie feront leurs rapports d’examen des objets, le ou les médecins légistes feront leurs rapports sur la cause probable du décès du montagnard.
— Que de rapports !
— C’est la procédure, c’est comme ça.
— Donc il sera possible de connaître la date de l’accident et par recoupement avec le fichier des disparitions inexpliquées peut-être aussi l’identité du mort.
— Oui, dans le meilleur des cas. Ah, les voici…
Le capitaine se dirigea immédiatement vers Quentin et Valentin.
— Lieutenant, je vous remercie et vous libère de vos obligations, vous pouvez reprendre le cours de votre permission, contactez le standard si vous désirez connaître les conclusions de votre action. Merci également à vous messieurs dit-il en tendant la main à Florian et Valentin. Vous serez peut-être contactés ultérieurement pour un témoignage écrit. Au revoir.
Il était six heures du soir quand l’hélicoptère bleu et blanc disparu derrière la chaîne du Bargy.
Quentin vérifia l’emplacement du pique-nique, Florian et Valentin jetèrent un dernier regard sur le pierrier tragique puis tous reprirent leurs sac à dos et entamèrent trois-quarts d’heure de descente.
— Tu vas faire un article sur ce qui s’est passé aujourd’hui ? demanda Quentin à Valentin.
— Tu as fait ton métier aujourd’hui, Florian a fait le sien en emmenant le petit groupe là-haut, moi je vais faire le mien, mais il me manque encore beaucoup d’éléments, ce serait sympa de me mettre au courant si tu obtiens des tuyaux non couverts par le secret de l’enquête.
Le soleil avait disparu derrière la Pointe du midi de la chaîne du Bargy quand ils poussèrent la porte du chalet « Fleurs de givre. »