Emily, tout sourire, entra la première dans la pièce à vivre du chalet "les Soldanelles."
— Dad, Mom, je vous amène un invité-surprise, dit-elle, je suis certaine que vous serez presque aussi contents que moi de le recevoir.
Elle retourna dans le sas d’entrée, prit la main de son ami et l’entraîna vers ses parents.
— Valentin ! Quelle joie de te revoir ! s’écria Émilienne la maman.
—I'm also very happy to see you, Valentin, (Je suis également super content de te voir, Valentin) fit Peter Gilmore en tendant la main vers le jeune homme pour un cordial shake-hand.
— Quel bon vent vous amène ? reprit Émilienne.
Emily colla son flanc contre celui de Valentin et lui prit la taille.
— Nous sommes ensemble maintenant.
— Wow, that's excellent news ! (Oh, que voilà une excellente nouvelle) s'exclama le père d’Emily.
—Dad, Valentin speaks English very well, but here we could use French, no? (Papa, Valentin parle très bien l’anglais mais nous pouvons continuer en français, non ?) préconisa Emily.
— OK! Je veux dire d’accord ! se moqua Peter Gilmore avec toutefois son fort accent british. Valentin, qu’es-tu devenu depuis toutes ces années ?
— Emily et moi sommes restés dans le même groupe de copains au collège puis au lycée, ça vous le savez, mais ensuite elle a fait ses études de gestion d’entreprise tandis que je me lançais dans deux ans d’études d’informatique avant de bifurquer vers d’autres études pour devenir journaliste. Elles ont duré trois ans de plus.
— Trois plus deux égale cinq si les mathématiques n’ont pas évolué. Il manque au moins sept ans à ton parcours. Je suis indiscrète Valentin ? s’enquit Émilienne.
— Ce n’est pas un secret, j’ai voyagé aux States, en Australie, un peu au Japon, en tout cinq années avant de travailler pour un journal de la région Rhône-Alpes. La principale qualité d’un reporter-journaliste est la curiosité, ce métier me convient donc très bien.
— Tu es basé dans quelle ville ? enquêta le père d’Emily.
— Arrête Peter, tu es trop inquisiteur ! Emily et moi te l’avons déjà dit, tu mets toujours tes invités mal à l’aise.
À ce moment trois brefs coups de klaxon tout proches se firent entendre.
— Je crois que voici mes deux autres invités, dit Emily. Je vais leur ouvrir.
— Vous êtes durablement réconciliés ? demanda encore Peter Gilmore.
— Il s’agit de leur vie, Peter, nous n’avons pas à intervenir, s’empressa de dire Émilienne pour donner le choix à Valentin.
— Maman, Papa, je vous présente Gilles, le meilleur ami de Valentin et son épouse Lucie. Nous étions dans la même classe au collège de Saint Thomas. Ils font partie aussi de mes amis depuis longtemps. J’ai prévu de les loger dans le mazot et de donner à Valentin le lit de mezzanine, cela vous convient ?
— À merveille !
— Mom, que nous as-tu cuisiné qui sent si bon ?
— Une matouille : tome des Bauges, ail, pommes de terre, jambon de Savoie et Chignin *, cela vous convient ? Nous passons à table dans un quart d’heure. Installe tes amis dans le mazot pendant ce temps Emily.
Quand cette dernière fut sortie avec Gilles et Lucie, Peter Gilmore revint à la charge.
— Quel genre d’articles écris-tu pour ton journal Valentin ?
— Je suis très éclectique dans mes choix. Mon dernier article parle d’un accident de montagne survenu il y a près de deux ans et découvert il y a deux jours. J’envisage d’en faire un autre sur les chiens dangereux, un autre sur la gendarmerie de montagne, aussi un sur les sports de glisse d’été…
— Ah, très intéressant. Le matériel de glisse d’été fait partie de ce que distribue ma petite entreprise.
— Je pourrais donc vous demander des renseignements ?
— Of course ! (Bien sûr) Je me ferai un plaisir de te donner tous les conseils dont tu auras besoin, my dear Valentin.
* Commune de Savoie qui a donné son nom à un vin blanc apprécié.