VALENTIN ET LA GRANDE REUNION

47. Libération.

Ce fut au bout de trois jours vers neuf heures du matin qu’Amandine reçut un texto émanant de la gendarmerie de Saint Thomas. Il était succinctement libellé :
« Suite à l’arrestation des deux suspects, le procureur de la République a renoncé à toute action envers monsieur Valmont Valentin, sa détention provisoire prend donc fin. Il sera élargi ce jour à dix heures de la maison d’arrêt de Bonneville size au 171 avenue Mozart. »
Amandine envoya immédiatement un message WhatsApp au groupe d’amis.
« Valentin va être libéré. Charly m’accompagne pour aller le chercher à Bonneville. Rendez-vous à la villa des parents de Charly chemin des Roselières à treize heures pour ceux qui peuvent. Ça va être la fête ! »

Ils étaient tous là, Les grands-parents de Valentin, les parents d’Emily, les amis de toujours, même Mathilde qui avait pu venir entre deux représentations. Tous avaient apporté de quoi faire la fête : qui du champagne, qui un grand cru, qui un alcool millésimé.
Récits d’enquête, commentaires, explications meublaient toutes les conversations. La principale question portait sur les motivations de Romuald et d’Adrien.
— Pourquoi ces deux-là s’en sont-ils pris à Valentin ? demanda la trop gentille Eva. Valentin n’a jamais agressé personne, au contraire. Plusieurs fois il est venu à mon secours quand certains profitaient de ce que je ne suis pas très impressionnante.
— Rappelles-toi Eva, expliqua Gilles. Quand Val est arrivé au collège en cours d’année, il y avait déjà dans la classe le groupe Thénardier, Clément, Romuald et Morgane qui faisait la loi. Nous avions du mal à l’accepter mais n’étions pas coordonnés pour résister.
C’est Val qui le premier a créé la première brèche dans leur hégémonie en mettant une raclée au plus costaud, le Tony. C’était en gym avec Filedoux lors d’une séance de boxe. Lorsque voulant se venger, Tony a tendu un guet-apens à Val, il s’est encore fait corriger pendant que nous neutralisions ses acolytes.
Ils nous en ont voué une haine tenace qui s’est ravivée lors de la réunion organisée par Amandine. Par ailleurs, Romuald est celui qui a le moins bien réussi de toute la classe, ce qui n’est pas étonnant, nul et flemmard comme il a toujours été. Il en a visiblement conçu une grande amertume. Les autres de l’équipe au Thénardier s’en sont un peu mieux tirés.
— J’ajoute qu’au collège, il s’était imaginé avoir séduit Emily quand celle-ci est arrivée en France. Ils se sont un peu affichés ensemble et que ça a dû le mettre en rage de la voir se mettre définitivement avec Valentin.
— Mais, Adrien, que vient-il faire dans cette histoire ? continua Eva.
— Lui c’était un invisible. Sa discrétion n’était pas un signe de réserve ou de politesse mais de complexes et de médiocrité. Il jalousait ceux de notre groupe.
Il aurait pu venir à nous pour progresser mais il préférait rire des bêtises de Romuald. De nous revoir tous qui avons mieux réussi que lui dans la vie, il s’est à nouveau senti inférieur.
À la table de Tony, Clément et Romuald, il s’est à nouveau laissé influencer et entraîner par ce dernier.
Ils vont une nouvelle fois payer cher le fait de s’être attaqués à Valentin.
— Ils ont dû mijoter l’idée de ce braquage pendant que nous étions en rando à Tardevant. Rappelez-vous, ils n’ont pas participé à la marche jusqu’au lac, commenta Florian qui s’était rapproché.
— Je me demande comment il va encaisser tout ça, notre Val, se demanda encore Eva.
— C’est facile, comme toi avec Pascal, répondit Gilles. Regarde-le, près de son Emily. N’est-ce pas l’image du bonheur ? Val, tu veux venir un instant ? Eva est inquiète pour toi à cause de ton séjour en prison. Comment te sens-tu ?
— On ne peut mieux, j’ai là le sujet d’un super reportage et je compte sur vous tous pour me raconter par le détail comment vous avez enquêté pour faire émerger la vérité alors que tout semblait m’accuser. Merci à tous.
Puis, posant un bras sur l’épaule de Pascal, il l’entraîna et demanda :
— Bouboule, viens un instant, j’ai quelque chose à te dire et à te demander.
Bouboule tendit son oreille affûtée aux chuchotements de Valentin.
— Charly possède un tableau de présentation papier et des feutres à écrire au sous-sol. J’aimerais que tu trouves le moyen d’annoncer…
Pascal parut songeur un instant puis il disparut dans le sous-sol. Quand il remonta quelques minutes plus tard, portant difficilement le tableau sur chevalet, il réclama le silence et annonça :
— J’ai un scoop ! Pour parler comme un certain journaliste que nous aimons beaucoup… Le voici.
Il leva la première feuille totalement vierge. La suivante annonçait en très grosses lettres :
UNE GRANDE NOUVELLE !
Puis prenant son temps, il souleva feuille à feuille, lentement, la suite du tableau.
Mon premier limite un champ cultivé.
Mon deuxième est multiplié par cinq cents.
Mon troisième sert à se reposer.
Mon quatrième fait comme mon premier.
Mon cinquième va lentement mais ne te ment pas.
Mon sixième est utile en cuisine. Hum !
Ceux de mon septième avancent.
Mon huitième n’est pas mal.
Mon neuvième n’est pas tard.
Mon dixième épandit des graines.
Ha ha ha vous demande mon onzième.
Et mon tout est pour nous tous la meilleure nouvelle de ces quinze dernières années.



Fin du tome 10 des aventures de Valentin.